Une association créée à Louviers pour mettre en place une monnaie locale

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In Presse
Publié le 20/01/2016 á 22H03

Économie. Mardi soir, une association chargée de lancer une monnaie locale à Louviers va être créée. Des commerçants sont déjà convaincus. Mais en quoi cela consiste-t-il ?

L’agnel sera-t-il bientôt monnaie courante à Louviers et dans sa région ? Il y a en tout cas une vraie dynamique pour insuffler la création de cette devise locale : mardi 26 janvier, une réunion est organisée pour constituer l’association qui portera ce projet.

LA SOLUTION À L’ÉVASION COMMERCIALE ?

Plusieurs personnes sont prêtes à s’investir. Notamment Jean-Pierre Cobert, commerçant à Pîtres (Pro et cie) : « Ce qui me plaît, c’est l’aspect développement du commerce de proximité. Cela semble en effet être une excellente chose. »

La monnaie locale, qui devrait être l’agnel, déjà en place à Rouen et Elbeuf depuis mi-novembre, fonctionne dans les commerces de proximité. Elle crée ainsi un réseau sur le territoire et permet d’y conserver les richesses.

Pour Jean-Pierre Cobert, cela peut être une parade à « l’évasion commerciale, énorme au niveau de l’Agglo Seine-Eure, vers Tourville-la-Rivière (76) notamment. Ça peut être une solution. »

ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

Pour utiliser l’agnel, il faut adhérer à l’association qui portera le projet et, pour les commerçants, répondre à quelques critères : « Être inscrits dans l’économie réelle ou sociale et solidaire, avoir une dimension locale…, détaille Mathieu Perru, coresponsable de l’association qui gère l’agnel à Rouen. Nous regardons les indicateurs sociaux, comme les conditions de travail, et environnementaux : le développement durable doit se traduire concrètement. »

DES INCONVÉNIENTS ?

Le commerçant acceptant l’agnel pourra ensuite les dépenser chez un fournisseur, payer une partie du salaire des employés (sur la base du volontariat) ou faire ses propres courses. L’objectif est que la monnaie tourne pour faire fonctionner l’économie locale. D’où la nécessité qu’il y ait un maximum de participants.

Si le commerçant a trop de monnaie locale, il pourra l’échanger contre des euros mais aura à déplorer une perte de 3 %. « Ça reste acceptable », estime Jean-Pierre Cobert, également membre du conseil de développement durable de la Communaté d’agglomération Seine-Eure (réunissant des citoyens). Ce conseil s’est emparé de la question, avec plusieurs associations qui sont à l’origine de l’initiative (Attac, Artisans du monde, Amap, Biocoop, CCFD-Terre Solidaire).

Nathalie Carville, présidente de l’association des commerçants de Louviers, trouve l’initiative « très bien. Il faut toutefois voir les conditions et les complications au quotidien. Mais c’est un engagement. Ça permet aussi de se faire travailler les uns les autres. »

UN « POTENTIEL »

C’est essentiellement des valeurs que promeut l’utilisation de la monnaie locale. Même si, pour le consommateur, il y a aussi une « prime » lors de la conversion des euros en agnels : 103 agnels contre 100 €.

Alors même si des questions demeurent, pour ceux qui veulent se lancer, il faut le faire : « Si on ne démarre pas, ça ne marchera jamais ! », estime Jean-Pierre Cobert. Un enthousiasme ressenti par tous les participants. « À Louviers, les gens ont tout de suite eu une approche pratique : la relance du commerce de proximité. Je pense qu’il y a un potentiel important », se réjouit Mathieu Perru. L’association créée mardi devra définir les contours et convaincre le plus grand nombre d’adhérents.

VIOLAINE GARGALA

INFOS PRATIQUES

Réunion pour la création de l’association, mardi 26 janvier à 19 h 30 en mairie de Louviers.

200 utilisateurs à Rouen

À Rouen et Elbeuf, l’agnel a été lancé mi-novembre

La monnaie locale a déjà attiré environ 200 utilisateurs et 60 commerçants. « Le nombre de commerçants est satisfaisant car nous attendions d’atteindre ce nombre pour lancer l’agnel. Pour que cela fonctionne bien, il faut compter 100 utilisateurs pour un commerce », présente Mathieu Perru. Deux mois à peine après le lancement, il est encore tôt pour faire un premier bilan. L’association se laisse le temps de conquérir de nouveaux adhérents.

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