Le Brésil, c’est les J-O 2016, mais c’est aussi une monnaie locale depuis 1998 !

Personne n’y échappe : les Jeux Olympiques du Brésil sont dans toutes les actualités ! Mais comme chacun sait, les images télévisées cachent bien souvent les luttes sociales, les populations pauvres sont mises à l’écart pour ne pas ternir l’image de l’évènement, qui se doit d’être spectaculaire aux yeux du monde entier…

Zoom sur une alternative monétaire mise en place pour lutter contre la pauvreté au Brésil : la Banque Communautaire Palmas !

La Monnaie Sociale Palmas : comment ça marche ?
Grâce à des crédits à taux bas et des dons d’ONG, la Banque Palmas récolte des fonds en reals (qui est la monnaie nationale brésilienne), qu’elle transforme en fonds de palmas.

Où vont ces palmas ?
La Banque prête alors des palmas : les crédits à la production sont accordés à des projets profitant directement au quartier, et à des petites entreprises familiales.
Les crédits à la consommation – délivrés en palmas – sont sans intérêts, remboursables en palmas ou en reals, et permettent d’encourager les consommateurs à se fournir chez l’un des 400 commerçants qui acceptent ces palmas !

Pour favoriser l’achat local, les commerçants font des remises sur leurs produits lorsqu’ils sont achetés en palmas. Le but : relocaliser l’économie. Les populations constatent que leur pauvreté n’est pas due à un manque d’argent en général, mais plutôt à un manque d’argent investi sur le territoire. Cela provoque une fuite des personnes et accroît davantage la pauvreté territoriale : créer une banque qui prête directement des palmas semble être LA solution pour faire renaître l’économie locale.
Une fois échangés, les palmas ne peuvent être reconvertis en reals uniquement par les commerçants, qui ont parfois besoin de matières premières hors du territoire. Les consommateurs, eux, ont tout leur temps pour dépenser leurs palmas car cette monnaie n’est pas fondante : c’est-à-dire qu’elle ne se dévalorise pas avec le temps.

Mais à qui appartient cette banque ?
A l’origine, cette banque a été créée par les habitants de favelas, pour qui il était impossible d’emprunter quoi que ce soit. Pour ne pas voir leur territoire s’appauvrir de plus en plus et pour permettre d’améliorer leurs conditions de vie, les citoyens se sont réunis et ont créé leur banque et leur monnaie. Cette banque appartient donc à tous !
C’est un bon exemple de démocratie économique, où la banque appartient aux citoyens qui souhaitent s’investir d’avantage dans l’économie de leur quartier. C’est ouvert à toute la communauté. Une fois par semaine, un « Forum permanent de l’économie locale » se réunit pour définir les actions, les choix, les investissements de leur banque…

Encore un projet qui permet aux citoyens de se réapproprier leurs échanges avec un moyen de paiement accessible et profitable à tous !

Sources :
Taoa – There Are Other Alternatives, Palmas (Brésil), 28 novembre 2010 : http://www.taoaproject.org/bresil-banques-palmas/la-monnaie-palmas-en-resume/
L’Atelier Ile de France – Centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire, La Banque Palmas, une banque communautaire au Brésil, 20 juin 2012 : http://www.atelier-idf.org/ressources/breves/2012-06-20,banque-palmas-rio20.htm
Ccfd-terre solidaire, Brésil, une banque communautaire prospère, 20 novembre 2014 : http://ccfd-terresolidaire.org/projets/ameriques/bresil/bresil-une-banque-4815

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